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Elargissement Du Monde Seconde Dissertation Definition

L'année 1492 symbolise une transformation majeure dans l'Histoire du monde. La découverte de l'Amérique par Christophe Colomb ouvre aux Européens des nouveaux horizons. Si le Portugal et l'Espagne sont à l'origine des grandes découvertes, les retombées de celles-ci s'étendent progressivement à toute l'Europe.

Pourtant, il ne faut pas croire que l'Europe représente la seule aire ayant alors une civilisation développée et complexe, et nous en présenterons deux exemples : la Turquie ottomane, à travers l'exemple de sa capitale, Istanbul, et la Chine des Ming, qui connaît alors un regain de puissance.

Les Grandes Découvertes

- la technique au service des rêves

Durant longtemps, les Européens ne disposaient pas de moyens de navigation permettant de se repérer avec certitude dans l'espace : ils pouvaient aller loin (les Vikings ont été en Amérique), mais par étapes (dans le cas des Vikings, via les îles de l'Atlantique nord et le Groenland).

Les Européens du XVe siècle reprennent et adaptent la boussole, une invention chinoise. Des Arabes, ils apprennent à calculer la latitude (c'est à dire la position au nord ou sud par rapport à l'équateur), en mesurant la hauteur des étoiles par rapport à l'horizon.

De plus, un nouveau navire, la caravelle, mis au point vers 1440, permet de faire des longs trajets en en haute mer, alors que les Européens faisaient jusque là beaucoup de navigation côtière.

Des caraques aux caravelles

Les caravelles désignent de petits voiliers de 40 à 60 tonneaux (mesure de capacité), avec un équipage d'une vingtaine d'hommes qui dorment sur le pont. Leur nom viendrait du bas latin carabus.

Elles dérivent d'un navire de charge de la côte de l'Algarve, au sud du Portugal, qui remontait bien au vent grâce à ses trois voiles triangulaires dites « latines ». Les Portugais améliorent peu à peu ce navire dès le XIIe siècle en lui ajoutant les voiles du mât de misaine (à l'avant) et les voiles du grand mât, de forme carrée, ainsi que la voile d'artimon, toujours triangulaire. Ils le rendent ainsi plus propice à la navigation hauturière (de haute mer).

La caravelle sous sa forme définitive est mise au point par l'infant Henri le Navigateur. Celui-ci, qui appartient à l'Ordre militaro-religieux du Christ, fait orner les voiles de la célèbre croix rouge, emblème de son ordre...

- rêves de croisade et quête des épices :

Le désir de prendre à revers le monde turco-musulman est le premier motif pour lequel les Portugais développent les explorations le long de la côte africaine. À cette motivation, d'inspiration médiévale, va rapidement s'ajouter la recherche du profit, par le commerce de l'or et plus sûrement encore des épices.

En effet, dans l'Europe de la fin du Moyen Âge, les épices venues d'Asie sont une marchandise très recherchée, d'autant que les acheteurs sont de plus en plus nombreux. Ces épices sont en général importées par l'Empire byzantin puis par l'Empire ottoman, par les marchands italiens, vénitiens surtout, qui contrôlent le marché.

Les Espagnols et les Portugais, avec le soutien de leurs rois, voudraient trouver de nouvelles voies d'accès à ces marchés. Deux possibilités s'ouvrent à eux : soit contourner l'Afrique par le sud, soit essayer de trouver une route directe vers l'Asie. Ils vont s'embarquer dans les deux directions.

Les Grandes Découvertes

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Au cours des XVe et XVIe siècle, quatre puissances européennes s'engagent dans l'exploration des océans : le petit Portugal et l'Espagne pour commencer, puis l'Angleterre et la France. Voici le parcours des principaux explorateurs.

- deux routes vers l'Asie

Les Portugais tentent de contourner l'Afrique pour accéder à l'Inde. Ils ont du reste découvert et colonisé des îles depuis le début du XVe siècle : Madère en 1419, les Açores quelques années plus tard, et les îles du Cap Vert en 1445. Ils y développent des plantations de sucre, autre produit très lucratif.

Pour les cultiver, ils font progressivement venir des esclaves noirs de Méditerranée puis directement d'Afrique, annonçant ainsi la traite vers l'Amérique.

Ces îles servent aussi de points d'appui aux navigateurs pour aller plus loin et chercher le passage vers l'Inde par le sud : Barthélemy Diaz atteint ainsi ce qu'il nomme le Cap de Bonne-Espérance (point le plus au sud du continent) en 1488.

Surtout, Vasco de Gama contourne l'Afrique et atteint l'Inde en 1498 ; il revient en 1499, ses navires chargés de poivre. Dès lors, les Portugais implantent plusieurs comptoirs en Asie (ils en possèdent déjà en Afrique où ils se ravitaillent et se procurent des esclaves), comme Goa ou Malacca, puis Macao en Chine (1557), pays où les Portugais sont arrivés pour la première fois en 1513.

Mais le Génois Christophe Colomb propose au roi d'Espagne d'atteindre l'Inde et le Japon en allant tout droit. Contrairement à ce qu'on dit, il n'est pas le premier à penser que la terre est ronde, bien au contraire.

Le savant grec Ératosthène, au IIIe siècle avant notre ère, avait déjà calculé la circonférence de la terre : il était arrivé à 39 375 km alors qu'aujourd'hui on l'estime à 40.075,02 km ! Pourquoi donc n'est-on pas parti plus tôt pour l'Asie ? Parce que, comme on ne connaissait pas l'Amérique, on pensait que le temps de trajet serait beaucoup trop long pour les provisions que l'on pourrait prendre. Colomb s'est trompé dans ses calculs, il pensait que la distance était bien inférieure à la réalité, et donc qu'il pourrait atteindre directement le Japon ou l'Inde : c'est pour cela qu'il n'a pas compris qu'il avait découvert un nouveau continent.

Le Portugal et l'Espagne se partagent toutes les terres à conquérir par le traité de Tordesillas, signé en 1494 : les Portugais auront toutes les terres à découvrir à l'est d'une ligne nord-sud, située à 370 lieues (1 770 km) à l'ouest des îles du Cap-Vert, ce qui correspond aujourd'hui à 46°37 ouest. Cette ligne signifie que le Brésil, qui n'est découvert par le Portugais Cabral qu'en 1500, appartient au Portugal, et on se demande si en réalité les marins portugais ne l'avaient pas déjà découvert avant, car sinon le choix de cette ligne paraît curieux.

Peu après 1492, les expéditions se multiplient. Dans les Caraïbes et en Amérique centrale, les Espagnols, derrière Hernan Cortès, conquièrent le Mexique à partir de 1519 avec Hernan Cortès et le Pérou et l'empire inca (1524-1534) avec Francisco Pizarro. En Amérique du nord, l'Italien Jean Cabot découvre pour le compte du roi d'Angleterre le Canada en 1497.

Le tour du monde entamé par Magellan, et achevé par son second El Cano, montre en 1519-1522 à quel point l'horizon des Européens s'est élargi durant ces quelques décennies.

- une période de profonds bouleversements

Ces découvertes entraînent en Europe des transformations importantes.

D'un point de vue culturel, Le monde est bien plus vaste que ce qu'on pensait, sa représentation traditionnelle, avec trois continents (Europe, Afrique, Asie), s'avère complètement fausse. De plus, il faut intégrer ces nouvelles terres et ces nouvelles terres dans les représentations qu'on se fait. Par exemple, on considérait jusqu'alors que tous les peuples de la terre descendaient de Noé, par ses différents fils et descendants. On avait donc établi des listes complexes pour expliquer leur origine, mais il faut y faire une place pour toutes les nouvelles peuplades.

De nouveaux circuits économiques se mettent aussi en place. Les épices affluent, ainsi que l'or des Amériques, surtout celui pillé aux Incas. Plus tard, les Espagnols exploitent l'argent des mines du Potosi (en Bolivie actuelle).

Pour les populations indigènes d'Amérique, ces découvertes provoquent une catastrophe, non seulement à cause du travail forcé dans les mines et dans les plantations, mais aussi et surtout à cause des maladies introduites involontairement par les Européens.

Du coup, on va faire travailler des esclaves d'Afrique, les Amérindiens n'étant plus assez nombreux. C'est le début de la traite atlantique, qu'on appelle commerce triangulaire...

Publié ou mis à jour le : 2016-10-07 10:59:48

Aux XV° et XVI° s, le monde change profondément. On parle d’une première mondialisation, c’est-à-dire d’une mise en contact  de différents espaces du monde. Trois événements majeurs font naître un monde « moderne » : L’Empire byzantin s’effondre, remplacé par un puissant Empire ottoman ; les Européens occidentaux se lancent sur les mers et dans des conquêtes, notamment en Amérique ; l’émergence de l’humanisme. C’est un mouvement intellectuel caractérisé par l’étude des textes de l’Antiquité, l’affirmation de la dignité humaine et l’importance accordée au savoir et à l’éducation. Cette réaffirmation de la dignité humaine donne son nom à la période : la Renaissance. C’est également une période de remise en cause de la parole de l’Eglise, l’Europe voit se développer un nouveau courant religieux : le protestantisme.

- Comment les Européens sont-ils amenés à découvrir de nouveaux territoires et ainsi modifier leur vision du monde ?

- Quelles sont les conséquences de l’apparition du protestantisme ?

- Quelles sont les évolutions artistiques pendant la Renaissance ?

I/ L’élargissement du monde au XVème et XVIème siècle :

A/ Le Bosphore : à la rencontre des civilisations :

1°) De Constantinople à Istanbul :

- Constantinople avant 1453

 L’Empire byzantin est l’héritier de l’Empire romain d’Orient et apparait comme une des principales puissances méditerranéennes au Moyen Âge. Constantinople est la capitale de ce vaste empire chrétien ortho- doxe. Mais à partir du XIIe siècle, Constantinople est sur le déclin, elle est menacée à plusieurs reprises par des envahisseurs successifs. Les Turcs ottomans représentent la plus grande menace et finalement, en 1453, ils finissent par s’emparer de cette capitale prestigieuse. Mehmed II, sul- tan turc, veut faire de Constantinople, centre culturel majeur, la nouvelle capitale de l’islam : elle portera le nom d’Istanbul.

Constantinople occupe une position stratégique exceptionnelle, C’est le carrefour terrestre de l’Asie et de l’Europe, et le carrefour maritime entre la Méditerranée et la mer Noire. Elle est la maîtresse du Bosphore, ce qui lui permet d’être naturellement bien protégée et de contrôler les détroits. Son port, abrité dans la Corne d’or, est une plaque tournante du commerce entre Orient et Occident. Constantinople est protégée par un système de fortifications qui lui ont permis pendant longtemps d’empêcher les attaques navales.

C’est en 330 que l’empereur Constantin, sur l’ancien site de Byzance, décida de construire une nouvelle ville : Constantinople, qui devait être une nouvelle Rome. Elle devient la capitale de l’Empire byzantin. Sur le plan, on aperçoit plusieurs lieux et bâtiments hérités de Rome :

- Forum du Bœuf, forum du Taureau, forum de Constantin : ce sont les grandes places publiques aux activités commerciales et politiques.

- L’hippodrome : lieu de divertissement (courses de chars) qui pouvait contenir 10 000 spectateurs.

- Le palais impérial : depuis la chute de l’Empire romain d’Occident en 476, la fonction impériale s’est maintenue sans interruption dans l’Empire byzantin. L’Empereur porte le titre de basileus et la pourpre est l’insigne de sa souveraineté.

- On aperçoit également l’Acropole (référence grecque), il faut signaler que les habitants sont de culture grecque. Dans l’Empire byzantin, la langue grecque va supplanter la langue latine des Romains.

Constantinople est une grande et puissante ville commerçante, située sur le détroit du Bosphore aux limites de l’Europe et de l’Asie.  Les marchands Italiens (génois) sont présents. Constantinople est la capitale de l’Empire byzantin (Empire romain d’Orient), avec son quartier impérial (palais hippodrome, forums). C’est aussi une ville chrétienne (orthodoxe) avec de magnifiques églises (basilique Sainte-Sophie).

Le texte du début du XV° s. nous apprend que la ville connaît des difficultés face à l’avancée turque et que le pouvoir impérial est affaibli (« l’empereur est comme un évêque sans siège »).

- La fin d’un symbole

Le 4 avril 1453, Constantinople est assiégée, puis tombe aux mains des Turcs ottomans le 29 mai et livrée au pillage en 1453, notamment à l’aide de nouvelles armes, des bombardes. La conquête de Constantinople résulte d’une volonté de Mehmet II d’affirmer son pouvoir sur le territoire Ottoman. A la fin de la prise de la ville, il se déplace avec la tête de Constantin XI Paléologue sur un pic, puis l’empaille et l’expose au sommet de la colonne d’Augustaion, c’est à dire entre Ste Sophie et le Grand Palais. Le pape Pie II propose à Mehmet II de se convertir au catholicisme contre l’oubli de ces conquêtes. 

 C’est la fin d’un symbole, Mehmet II faisant figure de l’Antéchrist pour le monde catholique  symbole de l’intolérance religieuse qui règne.

C’est la fin de l’empire romain et le début d’un empire Ottoman européen. La prise de Constantinople, en 1453, marque la chute de l'Empire byzantin (= l'Empire romain d'Orient). La ville est pillée et vidée de ses habitants (massacrés ou vendus comme esclaves) après la victoire du sultan turc Mehmet II. Mais ce dernier la repeuple et y construit le palais de Topkapi. Il règne avec l'aide du grand vizir (= chef du gouvernement) et de ses troupes d'élites : les janissaires, des enfants chrétiens capturés, formés et convertis à l'islam dès le plus jeune âge. Tous les pouvoirs sont entre les mains du sultan. Ses successeurs, comme Soliman Ier le Magnifique (sultan de 1520 à 1566), poursuivent la conquête de l'empire. L'expansion de l'empire sous Soliman s'arrête avec la retraite qui clôture le siège de Vienne en 1529.

Constantinople, appelée Stamboul (aujourd'hui Istanbul) par les Turcs, est une ville puissante et riche. Sa position stratégique entre l'Europe et l'Asie, entre la mer Noire et la Méditerranée est particulièrement favorable à l'élargissement des relations commerciales. Ces dernières rapportent énormément d'argent au sultan grâce aux droits de douane.

2°) Istanbul au centre du monde musulman :

L’Empire byzantin s’effondre et se forme un vaste Empire ottoman au Sud-est de l’Europe et au Sud et à l’Est de la Méditerranée. La ville est fortement transformée, des églises sont changées en mosquées (Sainte-Sophie). Istanbul est la puissante capitale de l’Empire turc (une nouvelle Rome) avec le palais du Topkapi, et son conseil présidé par le Grand Vizir. Les sultans prennent le titre de califes à partir de 1517 et les conquêtes territoriales de Selim Ier. Un des plus grands califes, Soliman, surnommé Le Magnifique (1494-1520-1566), a notamment fait construire la grande mosquée Suleyman. 

Pour repeupler Constantinople, Mehmet II fait venir non seulement des familles turques, mais aussi, par la force, des chrétiens, des Grecs et des Slaves des Balkans. 

La ville compte d’importantes communautés chrétiennes et juives. Beaucoup viennent d’Espagne d’où ils sont chassés, comme  les juifs séfarades. Ils sont tolérés, mais discriminés, ils paient un impôt spécial, le djizya. Des enfants chrétiens sont enlevés pour en faire les hauts fonctionnaires de l’Etat ou des janissaires (soldats d’élite). La population multiculturelle de la ville augmente très rapidement (multiplication par 16 en 1 siècle). Favoriser le commerce avec les étrangers intéresse les finances et le développement économique de l'empire. Les sultans autorisent les marchands italiens (des Génois) à s'installer dans la ville pour y faire du commerce (quartier de Galata). Ils signent des capitulations pour les Anglais et les Français (traités accordant des avantages politiques et commerciaux). Istanbul est donc une ville cosmopolite où différentes communautés cohabitent. 

. Une description de Constantinople-Istanbul vers 1550
« Dans son état actuel, la ville contient plus de trois cents mosquées, dont les plus magnifiques ont été construites par les empereurs et pachas* et sont toutes couvertes de plomb et de marbre, ornées de colonnes de marbre pillées des églises chrétiennes [...]. Elle a plus d’une centaine de bains publics et privés. Il y a plus d’une centaine de caravansérails et auberges publiques [...]. Les souverains turcs se sont particulièrement distingués à amener l’eau en ville. Il n’y a en effet aucun temple célèbre, aucune auberge, aucun hospice public, aucun bain de noble qui ne dispose d’eau courante. Je ne relèverai pas les maisons princières des nobles et des pachas, ni le palais du Grand Seigneur qui s’étend sur l’ancienne Byzance et est constamment alimenté des rivières coulant des environs lointains. [...] Les Grecs chrétiens ont perdu leurs six cents églises et n’en ont gardé aucune remarquable si ce n’est l’église adjoignant le monastère où le patriarche [orthodoxe] réside. Les autres sont soit complètement ruinées, soit converties à l’usage de la religion mahométane ; les soixante-dix églises dont ils disposent encore sont obscures. Les Francs [catholiques, souvent italiens] en ont une dizaine, et les Arméniens seulement sept. Les Juifs disposent de près de trente synagogues, qui suffisent à peine à contenir les nombreuses congrégations de cette nation populeuse. » *Pachas : titre des gouverneurs et hauts fonctionnaires turcs
Pierre Gilles, De Constantinopoleos Topographia

Cependant, malgré les échanges commerciaux, un conflit persiste entre Turcs musulmans et chrétiens d'Occident (Venise, Gênes, Naples...). Les Occidentaux souffrent de l'insécurité causée par la puissante flotte turque en Méditerranée. De plus, les papes craignent une avancée de l'islam en Méditerranée. C'est pourquoi des grandes puissances européennes (Espagne, Venise, Gênes...) s'allient et affrontent les Turcs en 1571, lors de la bataille navale de Lépante, où la flotte ottomane est décimée. 

L'Empire ottoman s'intéresse au reste du monde. Les sultans sont à l'écoute des découvertes faites par les explorateurs européens, et des navires ottomans arrivent jusqu'à l'océan Indien. Mais leurs ambitions de conquêtes échouent. 

L’expansion européenne de l’empire ottoman  se termine à la fin du XVI°s. avec les défaites à Malte et Lépante. Ces limites sont fixées jusqu’au XXe siècle.  

B/ Les européens à la conquête du monde :

Au 15e s., l'Europe catholique cherche de nouvelles routes commerciales afin de contournant l'obstacle du monde musulman. En effet, elle a terminé la reconquête de l'Espagne musulmane par la prise de Grenade en 1492, mais a échoué devant la résistance musulmane en Afrique du Nord.

C'est un petit continent divisé politiquement en plusieurs royaumes qui cherchent à affirmer leur pouvoir. Héritiers des croisades médiévales, ils ont aussi une motivation religieuse : propager la foi chrétienne. Mais la religion n'explique pas à elle seule la recherche de nouvelles routes maritimes : aux 15e-16e s., l'Europe est en croissance économique et démographique. Le goût pour le sucre et les épices se répand.

Les expéditions du roi du Portugal vers le Maghreb au 15e s. n'ont pas seulement pour but de répandre la foi catholique : elles devaient aussi sécuriser l'accès aux routes commerciales de l'or venant d'Afrique noire à travers le Sahara. Devant l'échec de l'opération, l'idée de contourner le monde musulman en passant par l'océan Atlantique s'impose, d'autant plus que les royaumes ibériques ont développé la culture de la canne à sucre dans les îles atlantiques des Açores et des Canaries.

1°) Les grandes découvertes :

La prise de Constantinople par les Turcs, et donc la fermeture de la Méditerranée aux Européens les obligent à chercher une nouvelle route pour atteindre les Indes. Les difficultés de la route traditionnelle pour ramener des épices (cannelle, gingembre, muscade…), ainsi que de l'or les amènent également à réfléchir à de nouvelles routes maritimes. La fin de la Reconquista en Espagne en 1492, avec la reprise de Grenade aux Maures, entraîne la volonté de porter la foi catholique par-delà les mers. Les Portugais décident de contourner la pointe Sud de l'Afrique, les Espagnols, par l'intermédiaire de C. Colomb, préfèrent la voie vers l'Ouest. Les Européens n'ont pas encore de cartes détaillées du monde : ils vont les dessiner au fur et à mesure de l'avancée de leurs explorations. Au Portugal, à Sagres, Henri le Navigateur fonde un véritable centre de recherche pour aider à la découverte de nouvelles routes maritimes.

Le savoir portugais leur permet d'atteindre le golfe de Guinée en Afrique noire. En 1487, Bartolomeu Dias passe le Cap de Bonne-Espérance. En 1497-1499, Vasco da Gama va jusqu'en Inde. Les Portugais contrôlent alors le commerce des épices (poivre, cannelle, girofle...). À partir des années 1570, ils fondent des plantations de canne à sucre au Brésil.

Pensant que l'Europe et l'Asie ne sont séparées que par l'Océan Atlantique, Christophe Colomb (1451-1506), un navigateur génois, part à l'Ouest au nom de la couronne d'Espagne. Le voyage s'effectue avec trois caravelles, la Pinta, la Nina et la Santa Maria. Il atteint terre le 12 octobre 1492, persuadé d'avoir atteint les Indes. (Les contemporains n'avaient pas consciences d'avoir découvert un "nouveau-monde", la Reconquista les a beaucoup plus marqué). Il y installe une garnison afin de faire plusieurs allers-retours. De nouveaux voyages s'organisent pour explorer le territoire, il arrive dans le delta de l'Orénoque en 1498. Amerigo Vespucci, un navigateur florentin, longeant les côtes brésiliennes, à la recherche d’un passage, rend compte d'un nouveau continent et lui laisse son nom, l’Amérique.

En 1494, le pape départage les deux grandes puissances maritimes et fixe la ligne délimitant les deux empires à 2 000 km au large du cap Vert : c'est le traité de Tordesillas. La papauté voit dans les empires un bon moyen d'évangéliser les populations découvertes.

Le Portugais Cabral arrivera au Brésil en 1500. Les Espagnols aussi continuent d'explorer le continent américain. Au 16e s., c'est au tour des Français et des Anglais d'aller en Amérique du Nord. Il faudra compléter le traité de Tordesillas en 1529 (traité de Saragosse) après le tour du monde du monde du Portugais Magellan (qui est tué en route) entre 1519 et 1522.

2°) La mondialisation ibérique : 

Vasco de Gama réalise le contournement de l’Afrique par le Cap de Bonne espérance pour le compte des Portugais. Il ouvre une voie complètement maritime vers l’Inde par le Sud et l’Est (1497-99). 

F. Magellan, lui, a pour objectif l’exploration des îles Moluques ; il reçoit le soutien et le financement de Charles Quint pour mener à bien ce voyage, avec 5 navires et 237 hommes au départ. Le voyage est extrêmement périlleux. Arrivé au sud de l’Amérique du sud, dans le périlleux détroit qui aujourd’hui porte son nom, l’équipage est confronté à des conditions climatiques, épidémiques et alimentaires terribles poussant ses hommes à se mutiner : 3 navires sur les 5 au départ se rebellent, des nobles castillans refusant d’être soumis à un capitaine portugais, et les conditions extrêmes de survie alimentant la colère ; l’un d’entre eux est décapité en représailles, Quesada, un autre confié à un prêtre resté là-bas, et quelques semaines plus tard l’un des bateaux renonce à l’aventure et rentre en Espagne, commandé par San Antonio.

L’expédition se poursuit et 3 navires parviennent à arriver en Asie orientale ; le navire de la Conception est brûlé dans des combats avec les locaux, il reste deux navires alors et Magellan meurt dans des affrontements aux Philippines. Quand l’équipage restant part au Timor, il ne reste que deux navires. Trinidad est coulée ; il n’en reste qu’un. Le retour via l’océan indien et le cap de Bonne espérance est périlleux, car il faut éviter de rencontrer des navires espagnols. Le retour s’effectue par le cap vert où les quelques survivants partis 3 mois plus tôt doivent s’arrêter, à court de nourriture. 12 hommes sont envoyés chercher du ravitaillement. Au final, un navire avec à son bord 18 marins reviennent en Espagne en 1521.

L’expédition de Magellan (1519-22) est le premier tour du monde, entièrement maritime confirmant que la Terre est une sphère. Il contourne l’Amérique, par le détroit qui porte aujourd’hui son nom. Ces explorations sont facilitées par la création de nouveaux outils : le portulan (carte nautique), la boussole, l’astrolabe (qui permet de calculer précisément la position d’un navire à l’aide des étoiles), le compas, le gouvernail, les voiles triangulaires. Les planisphères se précisent. Cependant l’intérieur des continents est encore très mal connu (jusqu’au XIX°s.).

En quelques décennies, le monde connu des Européens s’est élargi aux dimensions de la planète. Les terres qu’ils n’ont pas abordées se réduisent, seul l’Océanie reste inconnu. Lors des nombreux voyages, les explorateurs, comme C. Colomb, ont pris possession des terres au nom de leur souverain, sans tenir compte des populations locales. Le Traité de Tordesillas, en 1494, partage le monde en deux dominations, l’une portugaise et l’autre espagnole, créant ainsi les premiers empires coloniaux et lançant la conquête de l’intérieur des terres américaines. 

La découverte d’un nouveau territoire change la vision européenne du monde, la création des empires coloniaux lance la conquête de nouvelles terres, au nom de la foi chrétienne.

C/ L’empire Aztèque confronté à la conquête et à la colonisation :

1°) Originalité et prospérité de l’empire aztèque : l’exemple de Tenochtitlan :

Tenochtitlan est une grande ville et la capitale de l’empire aztèque, peuplée de 150 à 300 000 hab. sur les 10 à 15 millions hab. de l’empire. La capitale a été fondée à haute altitude (plus de 2000 m). C’est une ville en bord de lac (lacustre), entourée de jardins flottants. L’agriculture est productive (cacao, maïs, tomate…). Les aztèques sont des guerriers qui ont dominé les peuples d’Amérique centrale et qui pratiquent, notamment, des sacrifices humains exigés par leur religion polythéiste (principaux dieux : Quetzacoatl, Huitzilopochtli, Tezcatlipoca). Pourquoi des sacrifices humains ? Ils sont le peuple de Huitzilopochtli, ils se nourrissent de l’eau précieuse, le sang, d’où les sacrifices. Dans ces sociétés préhispaniques, le collectif prime sur l’individu, l’homme est un porteur de rôle et non un acteur, chaque citoyen accepte le sacrifice comme une nécessité. Dans la mythologie aztèque, au début de l’univers, les dieux consentirent à se sacrifier, en s’immolant, pour déclencher la course du soleil et de la lune, qui restaient immobiles. Ils proposèrent leurs cœurs et leurs sangs, pour nourrir le soleil et la lune, donc le sacrifice devenait primordial. Pour les aztèques, un sacrifice réussit permettait la rotation des saisons, la rotation régulière des pluies ainsi que la fertilité des sols. Mais le sacrifice avait également  une importance politique pour les prêtres et les guerriers, et permettait de soutenir la politique expansionniste des Aztèques et justification de l’élimination des vaincus les plus dangereux, que ce soit des dirigeants politiques ou des guerriers.

Comment ? Les sacrifiés vivaient une vie princière pendant 11 mois, on utilisait l’ixquauac, le couteau de sacrifice pour percer, puis des couteaux en obsidienne pour découper et trancher. Le sacrificateur, le tlenamacac, enfonçait un couteau de silex dans la poitrine, puis ouvrait celle-ci et plongeait une main pour en ressortir le cœur. Plus précisément, il ouvrait entre la cinquième et la sixième côte. Le cœur était l’aliment du soleil, il était, soit lancé au pied de l’idole, soit déposé dans un récipient au pied de celui-ci. La deuxième offrande était le sang, après une incision sur la victime, le prêtre utilisait un roseau pour aspirer le sang. La troisième offrande était le corps. Ensuite, il y avait un festin cannibale, où l’on mangeait l’homme sacrifié comme dans plusieurs autres civilisations, où l’on mangeait le cadavre de l’animal sacrifié. 

2°) La conquête espagnole et le choc de la colonisation :

Dans les Amériques, après les premiers explorateurs, viennent les conquérants et les missionnaires. Mais ils ont été précédés par un terrible « choc microbien ». Les maladies européennes ont franchi l'Atlantique avec les caravelles : la variole en particulier est très meurtrière. Les historiens pensent que des millions d'Amérindiens sont morts avant que les petits groupes armés des conquistadores espagnols comme Hernán Cortés (Empire aztèque) et Francisco Pizarro (s'empare de Cuzco, capitale de l'Empire inca en 1533) ne se lancent dans la conquête.

La conquête menée par les conquistadors (Hernan Cortez) avides de richesses est rapide , mais délicate. Elle dure deux années, d’avril 1519 à mai 1521.  Les guerriers aztèques sont nombreux (400 contre 10 000)  et aguerris mais il y a un déséquilibre fort : technique et militaire (armes à feu, fer, cheval, roue…) mais aussi politique : les Espagnols savent s’appuyer sur les peuples durement dominés par les Aztèques. Cortez justifie la conquête par la richesse supposée de l’empire Aztèque, mais également par une volonté de conversion au christianisme. Les conquistadores sont des soldats, des aventuriers portés par la soif de l'or et des honneurs (mythe de l'Eldorado). Ils arrivent dans des empires affaiblis par les épidémies et les troubles politiques. Ils profitent de la situation pour passer des alliances avec des Amérindiens qui vont les aider à renverser les pouvoirs en place : sans cette aide et sans les problèmes internes, quelques centaines d'hommes n'auraient pu conquérir de tels empires. Cortez détruit Tenochtitlán (actuelle Mexico), la capitale de l'Empire aztèque en 1521. Lorsqu'elle est conquise, peuplée de 300 000 habitants, elle domine un empire de 25 millions de personnes. 

. « Cette grande ville de Tenochtitlan est fondée entre la lagune d’eau salée et la terre ferme; aux approches de la ville, de quelque côté qu’on veuille l’aborder, la distance est de deux lieue. Elle a quatre entrées, auxquelles conduisent des chaussées construites de mains d’hommes d’une largeur de deux lances. La ville est grande comme Séville ou Cordoue. Ses rues principales sont très larges et toutes droites; quelques-unes de celles-ci et toutes les autres sont moitié terre et moitié eau, formant des canaux pour la circulation des canoas. Mais toutes, à intervalles réguliers, sont ouvertes par des tranchées qui font communiquer les canaux entre eux et toutes ces ouvertures, dont quelques-unes sont très larges, sont couvertes par des ponts composés de longues pièces de bois admirablement jointes et fort bien travaillées, sur la plupart desquelles dix cavaliers peuvent passer de front. Comprenant que, si les habitants de cette ville voulaient se révolter contre nous, la disposition des rues leur mettait en main toutes facilités pour réussir, car ils n’auraient pour nous affamer qu’à enlever les ponts. » 

. Hernan Cortés, lettre à Charles Quint, mars 1521 

Les conquêtes de Cortez au Nord et de Pizarro au Sud  offrent à l’Espagne un territoire conséquent. Mexico est fondée sur les ruines de Tenochtitlan et dès 1523, la « Nouvelle Espagne » est fondée. La population indienne s’effondre (massacres, mauvais traitements, épidémies). Les Espagnols évangélisent par la force les Indiens. De grandes exploitations agricoles se forment (système de l’encomienda) employant la main d’œuvre indienne. Les Espagnols et les Portugais cherchent à créer de grandes plantations pour produire les denrées tropicales dont la demande augmente en Europe (comme le sucre). Ils organisent aussi des ports et des comptoirs pour exporter vers l'Europe leurs produits et importer des produits de fabrication européenne. 

Pour cela, ils ont besoin de main-d'œuvre et les Amérindiens sont trop peu nombreux. C'est pourquoi les Portugais organisent les traites d'esclaves indiens et africains vers l'Amérique du Sud (Brésil). 

Luis de Sepulveda justifie l’action espagnole sur le principe que les Indiens n’ont pas d’âme, un argument réfuté et dénoncé par l’évêque Bartolomé de Las Casas (travail sur la controverse de Valladolid).

(Dès le milieu du XVI° s la main d’œuvre indienne manque et commence la traite négrière entre Afrique, Amériques et Europe qui déplace des millions d’esclaves noirs jusqu’au XIX°s.  )

La nouvelle puissance ottomane amène un nouvel équilibre en Europe au XV et XVIe siècle, et pousse les Européens à réfléchir à de nouvelles routes commerciales. La découverte d’un nouveau continent et l’extension de l’oikoumène contribuent à la première mondialisation, au XVIe siècle. Les premiers empires coloniaux se mettent en place en Amérique latine par les Espagnols et les Portugais, des peuples sont massacrés, tandis que les Anglais, les Français et les Hollandais prennent place en Amérique du Nord. Un nouvel équilibre mondial qui va durer jusqu’au XIXe siècle. 

II/ LES HOMMES DE LA RENAISSANCE :

A/ L’humanisme :

1°) Redécouvrir l’Antiquité :

Dérivé de humanista, qui signifie le savoir, la culture, le mot humaniste désigne les lettrés qui s’intéressent aux textes de l’Antiquité païenne et chrétienne. Le poète florentin Pétrarque (1304-1374) appelle à renouer avec les auteurs de l’Antiquité. Il espère ainsi que « les hommes déchireront les ténèbres pour revenir à la lumière pure et virginale ».  Allusion au Moyen-Age, considéré comme une époque sombre.

A partir du XVe siècle, les humanistes redécouvrent de nombreux manuscrits originaux, enfouis dans les bibliothèques des monastères européens et apportés par les émigrés byzantins, fuyant Constantinople. Au contact des textes oubliés de Platon ou Cicéron, les humanistes accroissent leur goût pour l’Antiquité. Les humanistes sont à la quête de la pureté des langues anciennes (latin, grec, hébreu). Cette posture est visible également dans la peinture, avec l’Ecole d’Athènes de Raphaël.

Les humanistes comme Erasme (1469-1536) ont une nouvelle vision de l’homme, une conception optimiste. L’éducation apparaît comme essentielle pour l’épanouissement et la progression de l’homme, une quête lui permettant de se rapprocher de Dieu. Cependant, limites de l’humanisme : intolérance religieuse très forte, manque de recul sur les œuvres antiques, non-dénonciation de l’esclavage.

2°) La « République des lettres »

Les humanistes forment une société, un réseau à travers toute l’Europe, une République des lettres. Par l’écrit et la lecture, l’homme peut atteindre une nouvelle sagesse, « on ne naît pas homme, on le devient » (Erasme).

L’élément fondamental qui permet une diffusion européenne de l’humanisme est l’invention de l’imprimerie par Gutenberg en 1456. Johannes Gutenberg (1400-1468) utilise des caractères typographiques en métal, et donc réutilisables. Plus de 300 imprimeries de développent dans les cités allemandes, italiennes. La plus remarquable est celle de Christophe Plantin à Anvers. D’abord religieux, les textes se diversifient après 1500 avec l’édition de textes humanistes en latin, puis en langues nationales dès 1550. Les imprimeries permettent aux humanistes de diffuser leurs ouvrages. A Venise, l’imprimeur Alde Manuce utilise les connaissances des savants byzantins, ayant fui Constantinople pour l’édition des grands textes de la littérature antique.

Le bouillonnement intellectuel du XVIe siècle, l’invention de l’imprimerie et certains abus de l’Eglise catholique contribuent à l’émergence d’une nouvelle pensée, d’une nouvelle religion : le protestantisme.

B/ Vers un nouveau salut :

1°) M. Luther et le développement de la réforme :

Face aux abus de l’Eglise catholique, certains fidèles doutent de la sincérité de l’Eglise. Déjà les humanistes – comme Erasme – dénonçaient une Eglise trop peu scrupuleuse dans l’accomplissement de ses missions : absentéisme des prêtres, mauvaise formation de ceux-ci. En 1517, Luther, un moine allemand, fait placarder sur la porte de l’église de Wittenberg les « 95 thèses », où il dénonce les abus de l’Eglise (mais il ne veut pas, au début, rompre avec Rome et fonder une nouvelle Eglise). Il dénonce notamment la richesse de l’Eglise qui, grâce à la dîme et à la vente d’indulgences, amasse des sommes colossales. Pour Luther, cette course à la richesse détourne l’Eglise de ses missions essentielles. En 1520, Luther est excommunié par l’Eglise pour ses écrits.

Le protestantisme se scinde ensuite en deux branches : les luthériens – qui suivent les préceptes de Luther – sont plutôt installés au Nord de l’Europe (Allemagne, Scandinavie) alors que les calvinistes – qui suivent les préceptes de Calvin, prédicateur genevois – sont présents dans l’Europe du Sud (Sud de la France, Pays-Bas, Hongrie). L’Angleterre choisit une voie différente : suite à un conflit entre le roi Henri VIII et le Pape à propos du divorce de celui-ci, le roi d’Angleterre crée l’Eglise anglicane, dont il est le chef (il conserve la liturgie catholique mais reprend les préceptes protestants). Malgré quelques différences, les mouvements protestants – qui sont chrétiens – se démarquent de la foi catholique : seule la Bible est reconnue comme source de la foi ; seuls 2 voire 3 sacrements sont reconnus (baptême, pénitence, cène) ; seul Jésus est considéré comme intercesseur entre Dieu et les hommes. Enfin, ils pensent que le salut de l’âme ne s’obtient pas par ses actes (Dieu a fixé à l’avance le sort de chacun). 

2°) Conflits et contre-réforme :

Face au développement du protestantisme, l’Eglise catholique réagit fermement : elle réactive l’Inquisition et ouvre le Concile de Trente (1545-1563). A l’issue du concile, les évêques réaffirment tous les fondements du dogme (ceux retenus dans le Nouveau Testament et ceux affirmés par les conciles du passé, notamment ceux de Nicée et du Latran) et améliore la formation des prêtres (avec la création des séminaires). Au milieu du XVIème siècle, l’Europe se divise entre catholique et protestants. En Allemagne, les conflits entre les deux communautés prennent fin en 1555 lorsque Charles Quint reconnaît la diversité confessionnelle (paix d’Augsbourg) alors qu’en France, les guerres de religion font rage de 1562 à 1598 (St Barthélémy, 24 août 1572). Elles prennent fin avec l’adoption par le roi Henri IV de l’édit de Nantes (qui tolère le protestantisme).

C/ Arts et artistes de la Renaissance :

1°) Naissance de l’artiste :

L’artiste dans sa conception actuelle n’existe pas au Moyen-Age. On parle d’artisan. Au cours de siècles, son image évolue, notamment par sa capacité à s’organiser dans des ateliers, pour avoir plus de poids artistique. Le tournant dans la vision que l’on a de l’artiste arrive au XVe siècle, lorsque l’artisan passe sous la domination du prince par le mécénat. Le mécénat est une pratique qui consiste à financer un artiste pour une œuvre artistique cherchant à glorifier le commanditaire. Pour avoir plus d’influence sur l’artiste, le prince le prend dans sa cour. Ces deux éléments créent l’artiste. Il est perçu dorénavant comme un être hors du commun, une divinité au-dessus des autres mortels. La majorité des artistes sont fils ou neveu d’artisans ou de commerçants (ex : Quentin Metsys). L’artiste est présenté comme un intellectuel, reconnu comme un créateur et non plus comme un exécutant. Le statut des artistes s’élève donc et l’un des signes de cette promotion est la taille et le luxe des maisons que certains se font construire.

2°) Michel-Ange :

1°) Ecoles, cours de Laurent de Médicis.

2°) Mécènes – artistes.

3°) N’accepte pas qu’on lui indique ce qu’il doit faire, signe de sa puissance créatrice et l’évolution du statut de l’artiste vers le génie.

4°) Contexte de contre-réforme, puritanité, « nudités d’une manière si déshonnête ». Peur de choquer le pèlerin.

6°) Architecte, peintre, sculpteur, l’artiste de la Renaissance est un « touche-à-tout ». La chapelle Sixtine regroupe ses talents dans la capacité à exprimer son génie sur une fresque, difficile à réaliser.

7°) Mythologie antique, représentation parfaite du corps, humanisme.

8°) Jugement dernier, le jour où tous les humains rencontreront Dieu.

10°) L’Homme au centre, Antiquité et lien Homme-divin.

Michelangelo Buonarotti est né en 1475. Il est formé à la sculpture puis à la peinture à Florence. Il répond aux commandes des Médicis jusqu’en 1505 (statue de David). De 1505 à 1513, il passe au service d’un autre mécène, le pape Jules II. Il réalise la fresque de la chapelle Sixtine, la chaire de Saint-Pierre… Il possède des talents multiples : sculpteur, peintre, architecte. Il conçoit la basilique Saint-Pierre de Rome, en revenant à une croix grecque plutôt qu’une croix latine. Il réalise en 1537 une place, au sommet du capitole, en forme de trapèze.  Sa personnalité est marquée par un orgueil démesuré et un pessimisme profond. Par son invention artistique permanente, par sa maîtrise d’un grand nombre de techniques, il est un artiste universel.

Conclusion :

Les XVème et XVIème siècles sont marqués par d’importantes transformations intellectuelles en Europe : la représentation du monde, le rapport au monde et à Dieu changent… mais de façon lente et mouvementée.

Mais ces changements, qui prennent deux siècles, ne rompent pas totalement avec le passé : on réactive des savoirs antiques et le poids du catholicisme reste encore prédominant en Europe comme dans le nouveau monde.

L’artiste prend une part prédominante dans cette entrée dans la modernité.

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